Gustave Guillaumet, orientaliste ethnographe
En 1962, Gustave Guillaumet découvre l’Algérie alors qu’il envisageait initialement un voyage en Italie. Enchanté, il lui consacrera l’ensemble de son œuvre. Au gré de séjours prolongés, une dizaine, il en apprivoise les vastes étendues désertiques et la lumière, travaillant toujours ses motifs avec de nombreux dessins préparatoires. Il sillonne inlassablement le pays, s’intéresse aux sociétés traditionnelles et côtoie les
populations modestes locales au milieu des douars, des ksour kabyles ou des tentes de nomades.
Son regard singulier de peintre ethnographe éloigne donc sa production artistique des clichés enchanteurs et stéréotypés de l’orientalisme pour en renouveler les sujets et les thématiques. En véritable naturaliste, son observation scrupuleuse de la vie quotidienne enrichit sa palette de sujets : bivouacs de chameliers, scènes de prière, berbères, enfants…
C’est également l’un des rares peintres du 19è siècle à explorer l’univers féminin maghrébin. Le quotidien de la femme algérienne se déploie alors dans des scènes de genre réalistes et lumineuses, conférant à ses modèles une présence quasi mystique.
Ainsi, dans La Source du figuier à Aîn-Kerma, l’artiste montre sa connaissance intime de l’oasis. Des jeunes femmes partagent un moment de paix et d’intimité, se succèdent à la fontaine pour remplir leurs outres et échangent probablement quelques confidences. Chroniqueur sensible de la détresse du peuple algérien au début de la colonisation, Gustave Guillaumet offre, notamment à travers les figures féminines, des représentations poétiques, intemporelles et réalistes.
Gustave Guillaumet, La Source du figuier à Aîn-Kerma, huile sur toile,1867
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