Portrait de femme en Diane
Nicolas de Largillière
1714
huile sur toile
H. 134,9 cm - L. 107,2 cm
N° inv. : D.52.3.4
➜ Notice détaillée
Œuvre non exposée
Nicolas de Largillière, le portrait symbole de pouvoir
L’apprentissage artistique de Nicolas de Largillière débute dans la ville d’Anvers. Cette formation flamande lui donne le goût pour les couleurs, le rendu des tissus et la fraîcheur de la chair. En 1674, démarre un séjour londonien de cinq années qui le marque durablement. Durant celui-ci, il intègre notamment un atelier affilié à la Cour royale d’Angleterre. Parallèlement, il étudie les grands maîtres et s’imprègne des œuvres de Van Dyck dont il admire les portraits qui combinent poésie, élégance décontractée et autorité discrète.
De retour en France, il est reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture dont il finira directeur. Apprécié et reconnu, il devient l’un des peintres les plus sollicités. Il possède alors son propre atelier et forme notamment Jean-Baptiste Oudry.
Son œuvre est d’une grande diversité: nature morte, peinture d’histoire, mais surtout portrait. Avec Hyacinthe Rigaud, Nicolas de Largillière est le grand maître du portrait en France à la croisée des règnes de Louis XIV et de Louis XV. Il alterne les commandes officielles avec les portraits de la noblesse et de la haute bourgeoisie.
Pendant plus de cinquante ans, magistrats, fonctionnaires, artistes ont posé devant son chevalet. Ainsi son œuvre ressuscite-t-elle l’élite d’une société du XVIIIè siècle qui navigue entre Versailles et les fantaisies de la Régence. La composition de ses portraits suit les caprices de la mode. Du grand portrait d’apparat et d’histoire, symbole du règne majestueux de Louis XIV, il bascule vers le portrait mythologique où le modèle apparaît avec les attributs d’un dieu ou d’une déesse de l’Olympe.
Dans ce Portrait de femme en Diane, le modèle, représenté sous les traits de la déesse de la chasse et de la lune, n’est pas figé dans une pose, mais évolue avec une allure vive et dégagée. Les attributs de la déesse sont intégrés avec délicatesse dans un décor automnal : le croissant de lune placé tel un diadème sur la tête, la peau de léopard qui enveloppe la taille et fait ressortir la peau laiteuse. On décèle également un arc, astucieusement caché dans la main droite, puis trois chiens de chasse lancés dans une course effrénée. Enfin, à l’arrière-plan à droite, on devine des nymphes.
Avec ce portrait, Nicolas de Largillière affiche ses talents de coloriste où la touche délicate dessine une peau fraîche et nacrée répondant aux tons rosés des joues. La pureté du regard et la candeur du sourire témoignent d’une délicatesse d’expression qui s’accorde dans un équilibre harmonieux avec les riches étoffes de la robe.
L’artiste a également réalisé le pendant masculin de ce portrait qui est conservé actuellement au musée du Louvre1. Le modèle y est représenté en Apollon, frère jumeau de Diane, dieu de la lumière, des arts et de la divination.
En s’affranchissant légèrement des codes artificiels du portrait d’apparat, Nicolas de Largillière parvient, sans négliger les détails et la distinction du modèle, à saisir une certaine sensibilité préfigurant les portraits dits « au naturel ».
➜ Autre œuvre de l'artiste
1 | ci-contre : Nicolas de Largillière, Portrait d'homme en Apollon, huile sur toile, 1715, musée du Louvre, département des peintures ➜ en savoir plus
+ D'ŒUVRES CLÉS

















