Fontainebleau aux gorges d'Apremont
JEAN-BAPTISTE Camille Corot
vers 1834
huile sur papier marouflé sur toile
H. 33,5 cm - L. 41,5 cm
N° inv. : 66.2.1
➜ Notice détaillée
Œuvre non exposée
Camille Corot, précurseur du paysage
Maître français du paysage, Jean-Baptiste Camille Corot inspire les impressionnistes pour la pratique de la peinture de plein air. Renouvelant considérablement ce genre pictural, il s’émancipe des doctrines de l’École des beaux-arts pour peindre la nature sur le motif, en compagnie des jeunes peintres de l’École de Barbizon, dont il est reconnu comme l’un des fondateurs.
L’École de Barbizon tire son nom du village éponyme situé en lisière de la forêt de Fontainebleau en Seine-et-Marne. Entre 1825 et 1875, nombreux sont les peintres qui y affluent, fuyant la révolution industrielle de la seconde moitié du XIXè siècle et la cohue parisienne afin de se rapprocher d’une nature préservée.
Cette œuvre est une étude de sous-bois de la forêt de Fontainebleau réalisée en pleine nature, sur le motif. Dès 1822, Jean-Baptiste Camille Corot arpente les sous-bois et ses curiosités naturelles. Le motif principal semble se réduire au traitement de la futaie, étrange magma informe d’où émergent quelques troncs d’arbres. Sur une toile où dominent les ocres bruns, le peintre pose de fins glacis qui accentuent les ombres
verts épinards. Véritable anti-sujet, cette œuvre prend valeur de manifeste par la qualité de son traitement et l’approche aussi rationnelle que sensible de la lumière
Charles Desavary, Camille Corot peignant en plein air à Saint-Nicolas-les-Arras, Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
➜ en savoir plus
LA FORÊT DE FONTAINEBLEAU, UN TRÉSOR DE BIODIVERSITÉ
Aux abords de la capitale, en pleine région parisienne, la forêt de Fontainebleau est un espace comme aucun autre en France.
Connue dans le monde pour ses paysages divers et variés, elle se distingue aussi par une biodiversité remarquable.
Forte d'une richesse naturelle exceptionnelle, la forêt domaniale de Fontainebleau est classée comme Réserve Mondiale de Biosphère par l'UNESCO. Ainsi, elle abrite la faune d’arthropodes la plus riche d’Europe (3 300 espèces de coléoptères, 1 200 de lépidoptères) ainsi qu’une soixantaine d’espèces végétales protégées.
Les peintres de Barbizon, écologistes avant l'heure
En 1861, charmés par ce site, les peintres de l'École de Barbizon obtiennent la création d'une réserve artistique de 1 000 hectares au sein de cette forêt alors menacée. Il s’agit du premier espace naturel au monde bénéficiant d'une mesure de conservation de la nature.
Ces peintres paysagistes et leur chef de file Théodore Rousseau obtiennent que ce site à « destination artistique soit soustrait de tout aménagement, coupes rases ou partielles » pourtant préconisés par l'École nationale des eaux et forêts de Nancy.
En effet, les premières décennies du XIXè siècle sont un moment crucial pour la forêt française : morcelée, surexploitée, pillée durant cinq siècles, elle est en lambeaux. Il faut reboiser les terres, recomposer les vieilles futaies, en faire des forêts de production. Le temps presse : la révolution industrielle est en marche, le bois d'œuvre commence à manquer.
Or, pour Théodore Rousseau et ses premiers compagnons, les peintres Narcisse Diaz de la Peña ou Jean-François Millet, vieux chênes et rochers de la forêt de Fontainebleau sont l'équivalent des « modèles qui nous ont été laissés par Michel-Ange, Raphaël, Rembrandt ».
C'est au nom de ce « musée vert » qu'ils organisent la résistance alors que les derniers îlots de futaie naturelle sont menacés de coupe rase.
Leur victoire devient éclatante le 13 août 1861. Ce jour-là paraît enfin le décret qui fixe le premier plan d'aménagement de la forêt et crée des sites « à destination artistique », qu'on appelle aussi des « séries artistiques ».
Fontainebleau et son microcosme : une forêt aux reliefs inattendus, propices aux effets surprenants, et d’une grande variété avec ses rochers, ses sables et ses arbres pluri-centenaires devient le premier parc naturel au monde !
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